Psalmodies moraves http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves Wed, 05 Jan 2022 18:01:02 +0000 Joomla! - Open Source Content Management fr-fr severine@revesdecom.fr (chants-protestants) A 1. INTRODUCTION : Les éditions de 1785, 1796, 1839, Supplt. 1846, 1862 http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3789-0-introduction http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3789-0-introduction  

                LES PSALMODIES MORAVES

     Editions de 1785 (3e ) , 11796 (4e), 1839 (5e),

                    Supplément de 1846

                      et Edition de 1862

 

Les éditions de 1785, 1796, 1839

J’ai comparé les éditions successives des Psalmodies moraves que j’ai pu atteindre sur Internet pour la fin du 18e s. et le 19e s.

1785 3e éd. A Basle (Bâle)
1796 4e éd. A Basle
1832 ? à Pontarlier ? exemplaire sans page de titre, renseignements : note manuscrite
1839 5e éd. A Lausanne

J’ai constaté que toutes ces éditions sont identiques, ont la même numérotation et donnent le texte d’une 1ère édition dont j’ignore la date, probablement au début ou au milieu du 18e s : 1743, selon Louange et Prière.

La difficulté est qu'on trouve mal ces livres, relativement faibles dans leurs tirages, les Frères n'ayant eu que des communautés plutôt petites à Paris, Nîmes, Le Locle, Montmirail et Genève, entre autres, ou dans leurs écoles à Paris et en Suisse. Peu de bibliothèques les ont. Les frères à Herrnhut en ont aussi dans leurs bibliothèques, mais il faut aller sur place pour les consulter, les saisies électroniques n'étant pas faites. 

Les frères avaient fait ces livres pour être en communion avec la communauté centrale de Herrnhut et pour chanter dans la langue locale ce qui s'y chantait, et sur les mêmes mélodies. La préface du Supplément de 1846 le dit. En sorte que, même si le tirage restait limité, cette intention était respectée. Je ne sais pas si les Frères ont traduit leurs chants dans d'autres langues que le français, mais c'est probable. La Centrale des Herrnhuter pourrait certainement répondre. 

Pour ce qui est des éditions plus récentes, il y en a eu jusque dans les années 1920, ensuite je ne sais pas. La bibliothèque des Frères de Königsberg dans la Forêt Noire possède un exemplaire de cette époque. 

Le Supplément de 1846

Ce supplément de 1846a été établi par Georg Heinrich Gottlieb Jahr, qui visait une nouvelle des Psalmodies, apparemment inchangées depuis 1743 jusqu’en 1839. Cette nouvelle édition date de 1862 (voir plus bas.)

Editions précédentes, signalées par Louange et Prière de 1938

De ces éditions de 1785 à 1862, onze chants ont été repris dans le Recueil Louange et Prière de la Fédération Protestante de France en 1938. Mais le plus souvent les textes ont été mutilés et corrigés, parfois avec bonheur. De ce recueil, plusieurs ont passé dans les Recueils plus récents, « Nos cœurs te chantent » 1979 NCTC, « Arc en Ciel » 1988 ARC et « Alléluia » 2005 ALL. Dans NCTC on a encore une fois modifié et amputé certains de ces chants, qui sont restés ensuite inchangés en 1988 et 2005, parce qu’il a été décidé par la Commission d’Hymnologie FPF qu’on ne reviendrait pas sur ces textes modifiés, pour ne pas froisser les « correcteurs » encore vivants, en sorte que les erreurs de traduction et de forme ont été officialisés et proclamés inchangeables. En revanche, on a continué d’abîmer d’autres chants ;

Si on relève les mentions de LP, on trouve citées diverses éditions du 18e Siècle, ainsi que le Supplément de 1846. En voici le tableau :

 

 

    99

  104

  119 

  123

  131

  138 

  140 

  167 

  199 

  217 

  288

 

 

Voici l’enfant nous est né 

Devant ta crèche prosterné  

Chef couvert de blessures

O monde, viens, contemple 

Pour quel péché, Jésus

Le Fils de Dieu, ce bon Berger

Agneau de Dieu, tu te laissas meurtrir

Esprit très saint, puissant souffle de vie 

O notre Dieu, Père tendre et fidèle 

Soleil de justice, Jésus, bon Sauveur

O Jésus, soleil de l’âme

 

 

?

1766

1757

1785

1785

1766

1743

1747

1745

1785 ?

?

 

 

Supplt 1846 ?

 

 

 

 

 

 

 

Supplt 1846/II, n° 101

Supplt 1846/II, n ° 22

Supplt 1846 ?


Si on se résume, LP fait apparaître les éditions suivantes : 1743, 1745, 1747, 1757, 1766. Celle de 1743 est probablement la plus ancienne et serait la 1ère édition. Celle de 1785 est donnée pour la 3e. Les 4 éditions de 1745 à 1766 qui s’intercalent et parmi lesquelles se trouve la 2e édition sont probablement des réimpressions de la 1e ou de la 2e édition.

Sources

Les Psalmodies semblent constituées de traductions de l’allemand, à l’exception peut-être d’un ou deux chants. Je n’ai pas pu tout identifier, car aucune indication d’origine ou de mélodie n’est donnée. Toutes ces traductions conservent, sauf rare exception, toutes les strophes des originaux allemands.

Prosodie

En revanche, la prosodie est fort mauvaise, sauf quelques cas isolés. On sent qu’il y plusieurs traducteurs, peut-être d’époques différentes, les uns nettement meilleurs, les autres très mauvais. Mais cela est très fréquent chez les poètes français protestants, qui ont souvent une culture technique poétique faible, comparée aux poètes profanes connus, et surtout aux auteurs originaux allemands. Ce n’est pas général, heureusement. Mais comme vous l’avez relevé, ce mépris pour la technique est voulu et fait partie de cette théologie, piétiste mais pas seulement, qui croit que la bonne volonté suffit devant Dieu.

Il existe un Supplément de 1846, publié par Georg Heinrich Gottlieb Jahr, un allemand installé en France et qui a beaucoup oeuvré pour les moraves de langue française. Ce Supplément prépare l’édition de 1862. Jahr écrit ceci en 1846 : « "Quant aux exigences de la langue et de la poésie françaises, nous avons dû nous contenter d'éviter les fautes grammaticales et les trop grandes infractions aux règles de la versification. Mais si nous nous sommes bornés là, et que nous ayons éloigné d'avance toute prétention littéraire, ce n'est point que nous considérions les beautés de la poésie comme nuisibles à l'édification, mais nous ne croyons pas non plus qu'elles y soient indispensables. Car, pourvu que notre cœur soit dans une disposition convenable, un langage plus ou moins poétique n'ôtera ni n'ajoutera rien aux bénédictions que nous attendons de la grâce du Seigneur. Ce que nous avons eu essentiellement en vue dans le choix de nos Cantiques, c'est qu'ils portassent le cachet de l'expérience chrétienne, et qu'il n'y eût ni dans les rimes ni dans les expressions rien qui pût choquer ou distraire même des âmes sérieuses et recueillies. » [...]" (Supplément à la psalmodie de l'égl. des Frères, 1846, page VI )

Le Supplément de 1846, page VI de l’avant-propos, se réfère au pasteur J.J.Hosemann (1805-1886) comme correcteur. Hosemann compose correctement, mais il semble qu’il n’a pas eu une grande influence sur la forme des textes. Hosemann a laissé 2 chants dans LP, qui sont encore employés actuellement : « Le Sauveur est ressuscité » LP 147, NCTC 204, ARC 473, ALL 34/13, et « Levons-nous, frères, levons-nous » LP 160/161, NCTC et ARC deest, ALL 31/26.

Jahr minimise manifestement le problème. Peut-être, en tant qu’allemand, peut-être bien au fait des chants allemands, ne sent-il pas la langue poétique française et ne se rend-il pas compte des lourdes erreurs d’accent. Je connais un alsacien qui compose des poèmes allemands excellents, mais des français fort mauvais.

Quand on étudie dans l’A.T. le Psautier de l’A.T. et les poèmes des prédications des prophètes, on découvre un travail poétique important et fondamental. Car on n’offre pas à Dieu des choses médiocres. C’est le raisonnement des ignorants et des paresseux, qui ne veulent pas se donner la peine d’un travail exigeant. L’hymnologie française souffre de ce mal depuis le début du 19e siècle jusqu’aujourd’hui.

Le christocentrisme et le thème du sang du Christ

Les chants sont fortement christocentriques, à peine quelques chants pour le Père et l’Esprit, et encore, ils sont orientés vers le Christ. La citation de Pline n’est pas choisie au hasard : « Ils chantent des Cantiques à Christ comme à leur Dieu. » Jésus prend la place centrale et devient le Dieu actif. Forte accentuation du thème du sang du Christ et du corps sanglant, avec des images baroques du type « Embrasser le bras sanglant du Christ », ou « remettre l’enfant baptisé dans les bras sanglants du Christ. »

Les chants à strophe unique

Les Recueils contiennent beaucoup de chants d’une strophe, dont je ne sais pas l’usage. Un certain nombre est en rapport avec la Sainte Cène, dans laquelle ils étaient peut-être employés. Ces communautés, quoique luthériennes de théologie de base, ne pratiquaient pas la liturgie classique de la messe luthérienne. Les Eglises luthériennes de l’époque non plus de façon marquée. On employait beaucoup de strophes de chants, ou de strophes isolées, pratique qui revient actuellement dans le protestantisme français.

 

Notes

 Lettre de Mme Ilka Sommer, du 28 juillet 2014

(Mme Ilka Sommer est médecin homéopathique et fait des recherches sur Gottfried H.G. Jahr, allemand, lui aussi homéopathicien, en même temps que membre actif de l'Unité des frères) 

Je fais des recherches pour la biographie d'un frère moravre qui a vécu de 1839-1870 en France.  

Ce frère morave s' appelle Georg Heinrich Gottlieb Jahr. Il n'a pas seulement vécu à Paris, mais il a fondé une petite société morave pour quelques années et il a dirigé avec sa femme (une Parisienne du nom Elisabeth Dolfus) une écolede jeunes filles. En plus Monsieur G.H.G. Jahr est aussi connu comme médecin homéopathe.

Pour les cultes et les soi-disants "heures de chanter" de sa petite société morave à Paris il a traduit (ou mieux: sa femme a traduit) des chants allemandes en français. Dans les lettres à ses confrères G.H.G. Jahr a parlé de ces traductions. Il les a envoyé des échantillons.
Dans une lettre du 15 may 1852 il a écrit à ses confrères:

"Der im Jahr 1846 von mir besorgte Supplementband,
welcher, mit dem kl. Auszug von 116 Liedern in Montmirail, Montau-
ban u. Paris das einzige in Gebrauch gegangene Schulgesangbuch war, konnte
nur als eine Vorarbeit zu einem späteren wirklich officiellen Gesangbuche gelten, ..."

Je suppose que ce dontl parle ce serait la PSALMODIE MORAVE (Supplément) 1846 vous indiquez sous les "Livres de Cantiques cités".

29 juillet 2014 : réponse de Ilka Sommer, dans un échange épistolaire

(Mme Ilka Sommer est médecin homéopathique et fait des recherches sur Gottfried Jahr, allemand, lui aussi homéopathicien, en même temps que membre actif de l'Unité des frères)  

Cher Monsieur,

merci beaucoup pour votre réponse si prompte et détaillée!

J'ai trouvé chez books.google ce "Supplément à la psalmodie de l'égl. des Frères" de 1846, qui se compose de deux parties
1. Supplément à la psalmodie de l'Eglise des Frères (350 cantiques)
2. Cent seize cantiques tirés de la Psalmodie Francaise de l'Eglise des Frères (116 cantiques)

Quand je lis l'avant-propos je reconnais la façon de Jahr de s'exprimer et d'expliquer. Jahr a publié des diverses ouvrages pour l'homéopathie non seulement en allemande, mais encore en français. (Je les connais car je suis homéopathe moi-même.) A côté de ses ouvrages homéopathiques, Jahr publia en 1864- 1865 deux nouvelles traductions poétiques de textes de l'Ancien Testament.

MonsieurJahr a écrit de la nécessité d'une traduction nouvelle et il a remarqué qu'il a travaillé pour cela parce que « Unser altes franz. Gesangbuch läßt sich nicht in die Hände aller unserer Eleven geben, nochweniger in die ihrer Eltern, unter deren Gefolge sich oft offenbare Weltleute befinden, u. ich habe hier sogar in dieser Hinsicht sehr bittere u. ssmerzlicheErfahrungen gemacht, die mir gezeigt haben, wie vorsichtig wir in unsern Aus-drücken, namentlich im französischen seyn müssen, wenn wir nicht Gefahr laufen wollen, durch unsere eigene Schuld das Heilige dem Spotte Preis gegeben zu sehen. »

 

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severine@revesdecom.fr (Super Utilisateur) Les chants des PSALMODIES MORAVES Tue, 21 Apr 2015 10:09:07 +0000
A DIEU SEUL GLOIRE AUX LIEUX TRES-HAUTS (rév) 1785-1839, Gloria in excelsis, Louange trinitaire http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3790-a-dieu-seul-gloire-aux-lieux-tres-hauts-rev-1785-1839-gloria-in-excelsis-louange-trinitaire http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3790-a-dieu-seul-gloire-aux-lieux-tres-hauts-rev-1785-1839-gloria-in-excelsis-louange-trinitaire  

GLORIA IN EXCELSIS
TRINITE




    A DIEU SEUL GLOIRE AUX LIEUX TRES-HAUTS
       Rév. de « A Dieu soit gloire aux lieux très-hauts »

            Mél : Allein Gott in der Höh sei Ehr
                     = Gloire à ton nom, ô Dieu de paix


 

1. A Dieu seul gloire aux lieux très-hauts,
Pour sa grâce admirable.
Ses grands bienfaits toujours nouveaux
Sur nous, sont innombrables.
En Christ il offre son amour;
Sa paix précieuse pour toujours
Repose sur nos âmes.

2. Reçois de nous l’adoration,
Dieu, Père de l’Eglise!
Pour la puissante protection
Dont tu nous favorises.
Puissant Dieu, tu vas désormais
Accomplir envers nous ta paix :
Heureux qui t’a pour Père.

3. Jésus, le Christ et saint Sauveur,
Unique Fils du Père,
Qui rachetas tous les pécheurs
Par une mort amère,
Très-saint Agneau, Seigneur et Dieu,
Exauce-nous de ton saint-lieu :
Sois-nous toujours propice !

4. Esprit saint, grand Consolateur,
Arrête l’entreprise
Et les efforts du Tentateur
Contre ta sainte Eglise,
Que Jésus-Christ par sa sueur,
Son sang, ses plaies et ses douleurs,
Et sa mort s’est acquise.


Texte

A Dieu soit gloire aux très-hauts lieux
dans Psalmodies moraves
original allemand : Allein Gott in der Höh sei Ehr
traducteur non signalé
dans Psalmodies moraves
1785 – 1839 : n°101, 1862, n°
rév. : Yves Kéler, 5.8.2014 Bischwiller

Mélodie

Allein Gott in der Höh sei Ehr
Nikolaus Decius , 1539
EKG 131, RA 135, EG 179
fr : Gloire à ton nom, ô Dieu de paix
LP 213, NCTC 214, ARC 261, ALL41/01 et 41/02


Le texte

Cette traduction est certainement indépendante de celle qu’on trouve dans le Recueil de Francfort de 1598-1612 établi par Jean Bathol, et qui est la plus ancienne traduction en français du chant « Allein Gott in der Höh sei Ehr », de Nicolas Decius. Le texte de Barthol est différent. Il est vrai que le Barthol a été plusieurs fois révisé, puisque le texte « Gloire à ton nom, ô Dieu de paix », ramené à 3 strophes, dans LP 213 et dans ARC 261, est attribué à Barthol 1596. Le texte morave serait peut-être une révision, car de tels changements entre 1612 et 1743 seraient imaginables. Toutefois, vu les différences importantes entre les deux textes, je penche pour une traduction propre aux Moraves.

 

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severine@revesdecom.fr (Super Utilisateur) Les chants des PSALMODIES MORAVES Tue, 21 Apr 2015 10:09:42 +0000
A GETHSEMANE, LA NUIT (rév) Passion, Récit de la Passion http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3791-a-gethsemane-la-nuit-rev-passion-recit-de-la-passion http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3791-a-gethsemane-la-nuit-rev-passion-recit-de-la-passion  

PASSION
RECIT DE LA PASSION




             A GETHSEMANE, DE NUIT
          Rév. de « De nuit, à Gethsémané »
       d’après « Christus der uns selig macht »

         Mél : Christus der uns selig macht
                  = Nous voici devant ta croix

 


1. A Gethsémané, de nuit,
L’Agneau pacifique
Garrotté, est pris, conduit
Chez un juge inique.
On l’accuse faussement :
Troupe qui l’outrage,
Qui frappe inhumainement,
Lui crache au visage.

2. Les Juifs, dès le grand matin,
Le mènent en hâte,
Comme ennemi des Romains,
Vers Ponce-Pilate,
Qui, lui, le trouve innocent
De crime et de faute;
Le renvoie au jugement
Du tétrarque Hérode.

3. A neuf heures, flagellé,
Vêtu d’écarlate,
Et d’épines couronné,
Livré par Pilate
Au supplice de la croix,
L’Agneau salutaire,
Tout en sang, traîne le bois
Jusqu’à son calvaire.

4. Vers midi, et mis à nu,
On le crucifie.
Tout son sang est répandu
Et lui souffre et prie.
Juif, brigand, aussi païen,
L’insulte et l’opprime.
Le soleil se lasse enfin
D’éclairer ce crime.

5. A toi heures, il se plaint
Que Dieu l’abandonne;
Le fiel est mêlé au vin,
Qu’à boire on lui donne.
Là Jésus meurt, étendu,
Et la terre croule,
Le voile au Temple est fendu,
Le rocher s’éboule.

6. Les os des brigands rompus,
Un soldat s’avance,
Fend le cœur pur de Jésus
Avec une lance.
Du sang mêlé d’eau sortit
De cette ouverture :
C’est ainsi que s’accomplit
La Sainte Ecriture.

7. Dès que le soir est venu,
Vient Joseph, saint homme,
Obtient le corps de Jésus,
Le descend, l’embaume,
Et le met dans un caveau
Taillé dans la roche.
Des soldats, près du tombeau,
Défendent l’approche.

8. Admirable Rédempteur,
Qui par tes souffrances
Nous sauvas, prends donc nos cœurs
Pour ta récompense.
Méditons et jour et nuit
Ta mort méritoire.
Goûtons-en les fermes fruits,
Et rendons-lui gloire.


Texte

De nuit à Gethsémané
d’après « Christus, der uns selig macht »
dans Psalmodies moraves
original allemand non signalé
traducteur non signalé
dans Psalmodies moraves
1785 – 1839 : n° 53, 1862, n°
rév. : Yves Kéler, 29.8.2014 Bischwiller

Mélodie

Christus, der uns selig macht
14e Siècle, Frères moraves 1531
RA 73, EKG 56, EG 77
fr. : O mon âme, apprête-toi RAf 8
Nous voici devant ta croix
NCTC 199, ARC 454, ALL 33/08

 

Le texte

Le texte original est de 8 strophes. Le traducteur respecte ce nombre et suit bien le texte allemand. Sa traduction est de bonne facture, classique.

 

 

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severine@revesdecom.fr (Super Utilisateur) Les chants des PSALMODIES MORAVES Tue, 21 Apr 2015 10:10:11 +0000
AGNEAU DE DIEU, TU TE LAISSAS MEURTRIR (rév) 1785-1839, Semaine sainte, Fin de l'année http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3792-agneau-de-dieu-tu-te-laissas-meurtrir-rev-1785-1839-semaine-sainte-fin-de-l-annee http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3792-agneau-de-dieu-tu-te-laissas-meurtrir-rev-1785-1839-semaine-sainte-fin-de-l-annee  

SEMAINE SAINTE
FIN DE L’ANNEE DE L’EGLISE

 


      AGNEAU DE DIEU, TU TE LAISSAS MEURTRIR
       Rév. de « Agneau de Dieu, tu te laissas meurtrir »

     Mél : J’aime mon Dieu car il est mon secours, Ps. 116

 


1. Agneau de Dieu, tu te laissas meurtrir           LP str. 1
Pour mes péchés, pour les péchés du monde.   Ps. Mor. str 1
Puissant amour et charité profonde :
Pour me sauver, Jésus, tu vins mourir.

2. O profondeur d’amour de l’Eternel !             LP str. 2
Le Fils de Dieu, dont la gloire est si haute,
S’unit à moi et vient porter ma faute,
M’unit à lui qui règne dans le ciel.

3. Tous ces tourments tu les subis pour moi.     Ps. Mor. str. 2
Viens donc fléchir ton cœur à ta souffrance,
Fais-moi sentir ton Sang et sa puissance,
Fais-moi goûter le bon fruit de ta croix.

4. Ton Sang versé est comme un gage saint     Ps. Mor. str. 3
Que tu voudras me présenter au Père,
Que tu prendras pitié de ma misère,
Que nul ne peut me prendre de ta main.

5. Il a jeté mes péchés pour jamais LP str. 3
Dans l’océan de sa miséricorde.
Mon Maître m’aime et son Esprit m’accorde
Les avants-goûts de l’éternelle paix.

6. Amen, Seigneur, Amen, puissance, honneur,  Ps. Mor. str. 4
Au saint Agneau sagesse, gloire, empire!            Apoc. 5/12
Puissent nos cœurs sans se lasser te dire :
Béni sois-tu qui sauves les pécheurs!


Texte

Agneau de Dieu, tu te laissas meurtrir
LP 140
qui attribue ce chant à Psalmodie Morave 1743,
ce qui est probablement la 1ère édition.
se trouve pas dans les éditions de la Ps. Mor. de 1785-1839,
rév. : Yves Kéler, 15.8.2014 Bischwiller

Mélodie

J’aime mon Dieu, car son puissant secours
Psautier de Genève 1562, Ps. 116
Pierre Davantès ?
LP 51 = Ps. 116, NCTC 116, ARC 116, ALL 116

 

Le texte

Ce chant existe en deux formes différentes, qui n’ont de commun que la 1ère strophe. LP Donne 3 strophes, Ps. Mor. 1839 en donne 4. J’ai signalé les sources à chaque strophe. Il est possible que ces deux formes soient le résultat de choix faits entre des strophes. Car il semble qu’on peut les réunir en une suite logique comme je l’ai fait. D’autre part, le style des deux groupes de strophes est le même et semble renvoyer à un même traducteur. La prosodie est de bonne qualité dans chaque forme.

Le chant est une adoration de l’Agneau de l’Apocalypse. Le chant l’appelle « Agneau de Dieu », titre qu’il n’a pas dans l’Apocalypse (où il est appelé l’Agneau immolé), mais dans Jean 1. Le chant se termine par l’acclamation de l’Agneau d’ Apoc. 5

L’importance du Sang du Christ, écrit en majuscule, est comme d’habitude forte. Le terme apparaît 2 fois.

 

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severine@revesdecom.fr (Super Utilisateur) Les chants des PSALMODIES MORAVES Tue, 21 Apr 2015 10:10:43 +0000
C'EST CHRIST QUI DEVIENT HOMME (rév) 1785-1839, Passion, 4e trinité, Mémorial de la Cène http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3793-c-est-christ-qui-devient-homme-rev-1785-1839-passion-4e-trinite-memorial-de-la-cene http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3793-c-est-christ-qui-devient-homme-rev-1785-1839-passion-4e-trinite-memorial-de-la-cene
PASSION, Graduel
4e Trinité : justification
CENE Mémorial

 


     C’EST CHRIST QUI DEVIENT HOMME
      Rév. de « C’est Dieu qui se fait homme »

            Mél : Valet will ich dir geben
                     = Jésus sort de la tombe

 


Dans la Cène : mémorial chanté

C’est Christ qui devient homme,
C’est Christ qui meurt pour moi
C’est lui seul qui se donne
Pour me sauver en croix.
Moi pauvre et misérable
Ne méritais jamais
Que ce Fils admirable
Fît à ce prix ma paix.


Texte

C’est Dieu qui se fait homme
Psalmodies moraves
original allemand non signalé
traducteur non signalé
dans Psalmodies moraves
1785 – 1839 : n°242, 1862, n°
rév. : Yves Kéler, 5.8.2014 Bischwiller

Mélodie

Valet will ich dir geben
Melchior Teschner 1584-1635
né à Fraustadt (Silésie), Kantor à Fraustadt,
pasteur de la paroisse voisine d'Oberpritschen,
où il mourut en 1635.
Mélodie 1614 pour chant acrostiche du même nom de
V.a.l.e.r.i.u.s Herberger 1614
RA 483, EG 523
fr. : Jésus sort de la tombe
LP 144, NCTC 203, ARC 483, ALL 34/11



Le texte

Le texte est court et fait un bon graduel.

Dieu s’est fait homme

L’original illustre la thèse que Dieu s’incarne en Jésus-Christ : « C’est Dieu qui se fait homme. » Cette thèse n’est pas biblique : d’après Jean 1/1 et 14, c’est le Verbe qui vit en forme de Dieu auprès de Dieu qui s’incarne. Dieu, lui ne s’incarne pas, il reste Dieu, en dehors du Fils, sinon il ne pourrait pas ressusciter celui-ci. Et le Père mourrait dans le Christ, ce qui est le « patripatianisme – la Passion du Père » confondu avec le Fils. Le verset 14 le dit explicitement : « Et le Verbe devint chair – sarx egeneto », et non « s’est fait chair », car c’est le Père qui décide cette action, pas le Verbe lui-même. Cette deuxième affirmation n’est pas non plus biblique. Par le fait qu’on confond le Verbe avant l’incarnation avec le Christ d’après celle-ci, on donne au Christ une volonté propre qu’il n’a pas. Il faut donc traduire : « C’est Christ qui devient homme. »

 

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severine@revesdecom.fr (Super Utilisateur) Les chants des PSALMODIES MORAVES Tue, 21 Apr 2015 10:11:18 +0000
CHEF COUVERT DE BLESSURES (rév) 1785-1839, Passion, Semaine sainte, Vendredi saint http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3794-chef-couvert-de-blessures-rev-1785-1839-passion-semaine-sainte-vendredi-saint http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3794-chef-couvert-de-blessures-rev-1785-1839-passion-semaine-sainte-vendredi-saint  

PASSION
SEMAINE SAINTE
VENDREDI SAINT

 

       CHEF COUVERT DE BLESSURES
      Rév. de « Chef couvert de blessures »

         O Haupt voll Blut und Wunden

        Mél : Herzlich tut mich verlangen
                 O douloureux visage

 

                                                 original allemand
1. Chef couvert de blessures,                str. 1
Meurtri et tout en sang,
Chef accablé d’injures,
D’opprobre et de tourment,
De majesté divine
Couronné autrefois,
Mais maintenant d’épines,
Béni sois mille fois.

                                               manquent str. 2 et 3

2. C’est ainsi que tu paies                      str. 4
Le prix de mes péchés.
Or ces douleurs, ces plaies,
Je les ai méritées.
Mon âme criminelle
Est à tes pieds, Sauveur :
Fais donc tomber
Un regard de faveur.

3. Je vois que tu trépasses,                    str. 5
Jésus, mon bon Pasteur ! Hirte
Quels grands trésors de grâce
Je trouve en tes douleurs !
Mourant pour mes offenses,
Tu m’as acquis, Jésus,
La vie, la renaissance,
Et l’éternel salut.

4. Tu veux bien qu’au calvaire                 str. 6
Je te contemple, en croix,
Dans tes douleurs amères,
Pâlir, mourir pour moi.
Mon âme languissante
Peut-elle recueillir
Sur ta bouche mourante
Ton tout dernier soupir.

5. Victime impérissable,                           str. 7
Dont je suis tout épris,
Bonheur incomparable,
Que de sentir ton prix !
Mais quelle jouissance
Quand dans le sacrement,
Seigneur, tu me dispenses
Ton corps sacré, ton sang.

6. Oui, pour ton agonie,                         str. 8a
Tes maux et tes douleurs,
Je veux toute ma vie
Bénir ton nom, Sauveur.
Ta grâce est éternelle,
Et rien, jusqu’à ma fin,
Ne peut, Seigneur fidèle,
M’ôter hors de ta main.

7. Quand vers ma fin j’avance,                 str. 9
Apparais à mon cœur,                             str. 10
Parais sous l’apparence
De l’homme de douleurs.
En attendant, demeure
Toujours si près de moi,
Que je puisse à toute heure
T’embrasser par la foi.

8. Qu’ainsi ma foi s’en tienne                    str. 8b
A sa fidélité,
Jusqu’au jour que je prenne
Ma place en ton côté.
S’il veut bien m’apparaître,
Je verrai de mes yeux,
Ma chair, mes os, mon Maître,
Christ, mon Seigneur, mon Dieu.

9. Au jour que je décède                          str. 9
Dans les bras de l’Epoux,
La myrrhe, qui procède
Du corps meurtri pour nous,
Embaumera ma tente
Et jusqu’à mon tombeau :
Mon âme, alors contente,
Entre en l’Eglise en haut.



Texte

Chef couvert de blessures
Original allemand :
O Haupt vol Blut und Wunden
Paul Gerhardt 1656
Traducteur non signalé
dans Psalmodies moraves
1785 – 1839 : n° , 1862, n°
rév. : Yves Kéler, 6.8.2014 Bischwiller

Mélodie

Herzlich tut mich verlangen
Hans Leo Hassler 1601, 1613
(1564 Nürnberg – 1612 Frankfurt)
O Haupt voll Blut und Wunden
RA 76, EG 85
frs. :Chef couvert de blessures
LP 119
O douloureux visage
NCTC 200, ARC 452, ALL 33/13


Le texte

La traduction ne suit pas entièrement l’original : elle omet les strophes 2 et 3, qui décrivent le visage du Christ tuméfié et pâle. La strophe 8 de l’original est répartie sur 2 strophes, les 6 et 8. La strophe 9 de l’original, « Erscheine mir zum Schilde », devient la dernière, et la 10e de l’original devient la 7e.

On peut supposer que la description de la tête du Christ n’intéressait pas le traducteur, pour qui les mouvements de l’âme paraissent plus importants. Les éléments objectifs reculent devant les subjectifs, ce qui est une caractéristique du piétisme, dont Herrnhut est un des centres importants.

Les strophes 7,8,9, réorganisent la partie finale, ce qui explique la répétition de la chronologie : str. 7 : « Quand vers ma fin j’avance (or. : Lorsque ma fin s’avance) » et str. 9 : « Au jour que je décède », qui reprennent la strophe 9 de Paul Gerhardt. Le traducteur veut finir par la mort, il reporte de ce fait le contenu de la dernière strophe de Gerhardt dans sa 7e, à partir du 2e vers.

En revanche, l’auteur introduit des thèmes étrangers à Gerhardt : à la str. 5 il cite « le sacrement et le pain sacré et le vin. » L’original, dans sa strophe 5, dit : « Dein Mund hat mich gelabet Mit Milch und süsser Kost – Ta bouche m’a rassasié de lait et de mets sucrés », mais ici il d’agit des douceurs de la parole du Christ, pas du sacrement de la Cène.

Une grande partie des images et du style de Gerhardt disparaît. Le texte morave est plus plat que l’allemand. Mais ceci est une tendance générale à l’époque : la poétique des chants religieux en France est plus mauvaise que celle des textes profanes, et aussi que la poétique allemande des originaux. Il fat dire qu’à l’évidence il y a eu plusieurs traducteurs différents pour ces recueils français. Certains sont manifestement plus doués que d’autres.

 

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severine@revesdecom.fr (Super Utilisateur) Les chants des PSALMODIES MORAVES Tue, 21 Apr 2015 10:12:20 +0000
CONVERTIS MON COEUR STERILE (rév) Fruits de l'Esprit, 8e Trinité, Graduel http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3795-convertis-mon-coeur-sterile-rev-fruits-de-l-esprit-8e-trinite-graduel http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3795-convertis-mon-coeur-sterile-rev-fruits-de-l-esprit-8e-trinite-graduel  

FRUITS DE L’ESPRIT, 8e Trinité
Graduel

 

            CONVERTIS MON CŒUR STERILE
            Rév. de « Convertis mon cœur stérile »

         Mélodie : Jesus Christus herrscht als König
                       = Christ remonte dans la gloire


 


Convertis mon cœur stérile
En un champ qui soit fertile
En tous fruits de sainteté.
Car j’attends de l’eau si pure,
Qui coula de tes blessures,
Toute sa fécondité.


Texte

Convertis mon cœur stérile
dans Psalmodies moraves
original allemand non signalé
traducteur non signalé
dans Psalmodies moraves
1785 – 1839 : n° 178, 1862, n°
rév. : Yves Kéler, 16.8.2014 Bischwiller

Mélodie

Jesus Christus herrscht als König
Théophile Stern, Strasbourg, 1856
RA 117,
EG 638 appelle cette mélodie:
Fortgekämpft und fortgerungen,
qu’on trouve sous RA 432
fr. : Christ remonte dans la gloire
LP 157

 

 

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severine@revesdecom.fr (Super Utilisateur) Les chants des PSALMODIES MORAVES Tue, 21 Apr 2015 10:12:50 +0000
DEVANT TA CRECHE PROSTERNE (rév) 1785-1839, Noël http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3796-devant-ta-creche-prosterne-rev-1785-1839-noel http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3796-devant-ta-creche-prosterne-rev-1785-1839-noel  

NOËL

 

           DEVANT TA CRECHE PROSTERNE
         Rév. de "Devant ta crèche prosterné"

          Mél : Ich steh an deiner Krippe hier




1. Devant ta crèche prosterné,
Je viens te rendre hommage ;
Enfant divin qui nous es né,
Je t’aime sans partage.
Je n’ai rien qui ne soit à toi,
Dispose à ton bon gré de moi,
Car je suis ton ouvrage.

2. Avant que je n’aie vu le jour
Mon âme te fut chère ;
Tu vins à moi dans ton amour,
En devenant mon frère.
Avant que ta main m’eût formé,
Tu t’engageas, mon bien-aimé,
A porter ma misère.

3. Les lourds fardeaux que j’ai subis,
Enfant, tu me les ôtes ;
« Je suis, dis-tu, moi, ton ami,
En réparant tes fautes.
Alors pourquoi t’inquiètes-tu ?
Mon sang sera, pour ton salut,
Au péché l’antidote. »

4. Les biens, les gloires d’ici-bas,
Sont-ils ce qui t’attire ?
Seigneur, tu cours vers ton trépas,
Tu nais pour le martyre,
Pour procurer par ta douleur
A ma pauvre âme la splendeur   (ardeur, vigueur)
A laquelle elle aspire.

5. Jette un regard aimant sur moi,
Accorde-moi la grâce
Qu’inséparable enfin de toi
Je te serre et t’embrasse.
Choisis mon cœur et dès ce jour
Pour crèche et pour ton saint séjour
Et viens y prendre place.

6. Comment te recevoir, Seigneur ?
La distance est extrême
De la poussière au Créateur,
Du sol au Dieu suprême.
Jésus, tu as tant de bonté,
Que tu n’as jamais rejeté
Un pauvre cœur qui t’aime.


Texte

Devant ta crèche prosterné
en six strophes sur 15 de l’original
d’après Ich steh an deiner Krippe hier
Paul Gerhardt 1653
dans Psalmodies moraves, en 6 strophes
1785 – 1839 : n° 31, 1862, n°
original allemand non signalé
traducteur non signalé
rév. : Yves Kéler, 4.8.2014 Bischwiller

Mélodie

Ich steh an deiner Krippe hier
Bach Jean-Sébastien 1736
(1685-1750)
RA 33, EG 37
fr. : Devant ta crèche tu me vois ABD 502
      absent des autres livres français

 

Le texte

        L'original de ce chant est un cantique de Paul Gerhardt : " Ich steh an deiner Krippe hier", qui compte 15 strophes.  

        Le texte de la traduction donné ici est l'assemblage de trois sources.

        1.  LP 100 Devant ta crèche, tu me vois : strophes LP 1 = 1 Kéler
                                                                                      2 = 3 
                                                                                      3 = 6
        2.  LP 104 Devant ta crèche prosterné :    strophes LP 2 = 5 Kéler
                                                                                      4 = 4
        3.  Georges Pfalzgraf                                                      2

        Les deux premières sources proviennent de textes du LP, l'un de Ch.Ecklin, 1858-1935, l'autre des Psalmodies Moraves de 1766. Je n'ai pas réussi à trouver les textes originaux pour l'instant. Mais l'édition de 1785, puis 1796 et 1839, donne un texte en 6 strophes, dont les formes de LP sont un raccourcissement à 5 strophes. 

       On remarquera que les strophes de ces chants sont le reste de traductions complètes et précises, puisqu'on peut identifier chaque strophe en la comparant à l'original allemand. C'est ainsi que j'ai reconstitué l'ensemble, en ajoutant pour la 2ème strophe, manquante dans LP,  celle d'une traduction de Georges Pfalzgraf. De cette façon, les strophes allemandes et françaises se correspondent, matériellement et textuellement. La traduction des trois auteurs étant excellente, on a une bonne idée de ce qu'est le chant de Paul Gerhardt en entier.

        Paul Gerhardt a composé là une des plus belles évocations du croyant devant la crèche du Christ.

        Il y a d'abord la dimension mystique, qui fait rapprocher la crèche du cœur du fidèle, dans la 1ère strophe. Plusieurs termes, tels que : amour, amitié profonde (str 2), m'attacher à toi (str 3), te recevoir (str 4), tu viens m'offrir (str 5), choisis mon cœur pour ton séjour (str 6), montrent le lien étroit, spirituel, aimant, presque physique, entre le fidèle et le Christ.

        Cette mystique personnelle n'est pas subjective. Elle est basée sur l'objectivité du salut. Là aussi, le vocabulaire le montre : Jésus, divin Sauveur (str 1), Je n'étais pas encore né, dans ta prescience tu savais (str 2), Tu viens pour m'attacher à toi (str 3), La distance est extrême (str 4), Seigneur, tu marches vers la croix (str 5), Accorde-moi la grâce (str 6). Le salut est l'œuvre de Dieu et du Christ, mais accompli avec tant d'amour pour la créature, que celle-ci ne peut que recevoir ce Christ et le contempler dans sa crèche, et dans son cœur, qui en est le miroir.

        L'ensemble est une prédication sur l'œuvre de salut de Dieu, commencée avant la création du monde. On retrouve la thèse johannique du logos, présent de toute éternité auprès de Dieu, et que Dieu réserve pour accomplir le salut de la créature. Ce logos devient chair et apparaît visible au monde dans la crèche : Jean 1/14. Cette lecture est celle du premier jour de Noël, le 25.12. Le texte du chant est relié au culte et à la communauté par cette lecture. Ce qui fait que ce cantique, écrit en " Ich-moi ", devient le chant de toute la communauté et exprime son attachement au même Christ. Le texte, malgré sa forme, n'est pas individualiste.

La mélodie

        Elle est de Jean-Sébastien Bach, probablement la plus belle de celles qu'il a faites. Bach a fait peu de mélodies de chorals, il a surtout illustré celles des autres.

        La mélodie est très descriptive : elle monte en une belle courbe tendue, et descend de la même manière. Cette double courbe ascendante et descendante est répétée, selon la formule classique du choral. Dans la partie oblique, Bach reproduit énergiquement cette courbe montante et la répète, prolongeant la répétition de la partie directe. Il achève par une élégante courbe montante, qui retombe en ralentissant, comme une révérence, et prépare le nouveau départ de la strophe suivante.

        La mélodie suit le mouvement ascendant et descendant du texte :

        courbe mélodique montante           courbe mélodique descendante   
        texte à mouvement ascendant        texte à mouvement descendant

        Devant ta crèche, tu me vois,        Penché sur ton visage
        Tout ce que j'ai, je te le dois,        Je veux t'en faire hommage
                 Prends-moi tout entier,        prends mon cœur,  
                                 A toi Jésus,         divin Sauveur
                        J'appartiens sans          partage.

        Il faut chanter ce texte avec une certaine intériorité, et ne pas aller trop vite. Laisser la mélodie s'étendre. Se rappeler que ce chant est la production de deux génies, l'un poétique, l'autre musical, et qu'ici on a affaire à un sommet du choral luthérien, à la théologie puissante et à la mystique profonde.

 

 

 

 

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severine@revesdecom.fr (Super Utilisateur) Les chants des PSALMODIES MORAVES Tue, 21 Apr 2015 10:13:18 +0000
DIEU LE PERE POUR NOS AMES (rév) Sollt ich meinem Gott nicht singen, Louange, Action de grâces http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3797-dieu-le-pere-pour-nos-ames-rev-sollt-ich-meinem-gott-nicht-singen-louange-action-de-graces http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3797-dieu-le-pere-pour-nos-ames-rev-sollt-ich-meinem-gott-nicht-singen-louange-action-de-graces  

LOUANGE
ACTION DE GRACES

 


              DIEU LE PERE POUR NOS AMES
          Rév. de « Ce cher Père pour nos âmes »
     Trad. de « Sollt ich meinem Gott nicht singen »

         Mél : Sollt ich meinem Gott nicht singen



                                                     Original
                                                    allemand
1. Dieu le Père pour nos âmes              str. 3
Donne son unique enfant,
Qui pour nous sauver des flammes
Nous rachète par son sang.
L’œuvre du Christ est splendide !
Quel esprit pourrait jamais
Pénétrer tous ses secrets
Et la rendre enfin limpide.
Tout finit, tout passe ici,
Son amour est infini.

2. O Dieu, puisque ta tendresse            str. 12
Sans limite vient à moi,
J’élève avec allégresse
Cœur et âme jusqu’à toi.
Donne-moi, Dieu admirable
De te prendre jour et nuit
Par l’effort dont mon esprit
En cette vie est capable,
Attendant que tout là-haut
Soit chanté l’hymne nouveau.

 

Texte

Ce cher Père pour nos âmes
traduction de Sollt ich meinem Gott nicht singen
dans Psalmodies moraves
original allemand non signalé
traducteur non signalé
dans Psalmodies moraves
1785 – 1839 : n°110, 1862, n°
rév. : Yves Kéler, 5.8.2014 Bischwiller

Mélodie

Sollt ich meinem Gott nicht singen 1641
Johann Schopp (1590 – 1667)
RA 342, EG 325



Le texte

Le texte est fait de 2 strophes, la 3 et la 12, provenant à première vue d’une traduction du chant de Paul Gerhardt « Sollt ich meinem Gott nicht singen. » Cette traduction a des points communs avec celle qui se trouve dans les cantiques spirituels de Strasbourg de 1758, en 12 strophes, sans indication d’auteur. Certains l’attribuent à Léopold Bonsen, datée probablement de 1747.

Le texte des moraves serait-il une révision de deux strophes prises chez Bonsen ? Pour la strophe 3 de Bonsen, c’est peu probant, tout le texte étant différent. Pour la 12e, les deux premiers vers sont proches. Bonsen dit : « Grand Dieu, puisque ta tendresse Est sans bornes envers moi. » Psalmodies moraves dit : « O Dieu, puisque ta tendresse Est sans bornes envers moi. » Ces vers traduisent : « Weil denn weder Ziel noch Ende Sich in Gottes Liebe findt – Puisque dans l’amour de Dieu Il n’est ni arrivée ni fin. » Or les deux traductions françaises de ces deux vers quasi identiques ne traduisent pas l’allemand mais le recomposent. De plus, il est difficile d’imaginer que le texte des moraves serait une révision de celui de Bonsen, tant les deux sont différents. Les points de contact sont donc limités à ces deux vers de la 12e strophe.

On pourrait supposer que les moraves avaient une traduction propre, dont ces deux strophes sont le reste, mais qu’ils connaissaient celle de Bonsen. Or l’édition révisée de 1862 donne le texte des Cantiques spirituels et abandonne les deux strophes des éditions de 1785-1839. Ce qui confirmerait cette hypothèse.

Mais je crois que la solution est la suivante : la 1ère strophe des moraves est carrément christocentrique. Elle reprend la 3e de Gerhardt qui parle de l’œuvre du Christ, la seule d’ailleurs. Car la 4e parle du Saint-Esprit, alors que la 2e parlait du Père. Les strophes 2,3,4 placent la Trinité dans le chant allemand. De ce groupe, le texte morave, conformément au christocentrisme de sa théologie, reprend le Christ et son œuvre de salut. Et elle conserve sa finale : « Alle Ding währt seine Zeit, Gottes Lieb in Ewigkeit - Toute chose dure son temps, L’amour de Dieu (dure) l’éternité. » Le chant serait alors constitué de ces seules deux strophes, la christologique et la finale laudative de Dieu. Le cadre pour les deux est le Père, qui chez Gerhardt commande aussi la 2e strophe. Et il ne s’agirait pas des restes d’une traduction de « Sollt ich meinem Gott nicht singen. »

 

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severine@revesdecom.fr (Super Utilisateur) Les chants des PSALMODIES MORAVES Tue, 21 Apr 2015 10:13:54 +0000
DIEU QUI REGNES DANS LE CIEL (rév) 1785-1839, Notre Père http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3798-dieu-qui-regnes-dans-le-ciel-rev-1785-1839-notre-pere http://www.chants-protestants.com/index.php/chants-et-cantiques-d-auteurs/psalmodies-moraves/3798-dieu-qui-regnes-dans-le-ciel-rev-1785-1839-notre-pere  

NOTRE PERE

 

       DIEU QUI REGNES DANS LE CIEL
         Rév. de O Toi, Père dans le ciel

     Mélodie : Gott sei Dank durch alle Welt
                    = Voici l’enfant nous est né

 

1. Dieu qui règnes dans le ciel,
Abba, notre Père,
En Jésus l’Emmanuel,
Ton Fils, notre frère.

2. Ton nom soit sanctifié,
Ton saint nom de Père,
Comme l’a glorifié
Ton Fils sur la terre.

3. Que ton règne soit bientôt,
Où la race humaine
Rende hommage au Saint Agneau
Qui porta nos peines.

4. Comme est fait dans les hauts cieux
Ton vouloir suprême,
Qu’il se fasse en ces bas-lieux
Parmi ceux qui t’aiment.

5. Donne au corps ce qu’il lui faut
Pour sa subsistance,
Comme aux tiens le pain d’en haut
Que Jésus dispense.

6. Et pardonne nos péchés,
Comme nous aux autres :
A la croix sont attachés
Les leurs et les nôtres.

7. En la tentation enfin 
Ne nous laisse induire ;
Délivre-nous du malin
Qui cherche à nous nuire.

8. Amen :gloire, majesté,
Puissance et richesse,
Te soient par ton Bien-aimé,
Ce jour et sans cesse.


Texte

O toi, qui ès dans le ciel
Psalmodies moraves
original allemand non signalé
traducteur non signalé
dans Psalmodies moraves
1785 – 1839 : n°113, 1862, n°
rév. : Yves Kéler, 16.8.2014 Bischwiller

Mélodie

Gott sei Dank durch alle Welt
Halle, Rec. Freylinghausen 1704
RA 5, EG 12
fr. : Voici, l’enfant nous est né
LP 99, ARC 360, Alléluia 2005,32/20
Qu’aujourd’hui toute la terre
NCTC 244


Le texte

Le texte est une paraphrase du Notre Père, avec un commentaire à chaque demande. La doxologie est originale. Elle reprend le « Amen, das ist es werde wahr –Amen, c’est « que cela soit vrai » de Luther, et la suite des attributs de Dieu rappelle la doxologie de Apoc. 5/12.

Le Christ est intégré dans le texte, comme glorificateur de Dieu, donateur du pain d’en haut, Sauveur à la croix. C’est une référence au christocentrisme habituel des Frères.

La mélodie

Je ne connais pas l’originale. Je propose « Gott sei Dank durch alle Welt », selon la forme française de « Voici, l’enfant nous est né », en modifiant la2e et la 4e ligne en une finale « blanche-noire », pour s’adapter au vers à finale féminine.

 

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severine@revesdecom.fr (Super Utilisateur) Les chants des PSALMODIES MORAVES Tue, 21 Apr 2015 10:14:29 +0000